Malgré la conjoncture politique actuelle d'Haït, marquée par une situation de crise électorale et les récents incidents causés par l’ouragan Matthew, les familles des défunts ne semblent pas prêtes à oublier la fête des morts. Les cimetières d’Haïti ont reçu ce 1er novembre comme d’habitude des visiteurs venus de partout. Une visite au cimetière de la croix des bouquets aujourd’hui donne le constat d’un grand festival gede, une manifestation culturelle dense exposé sous un soleil ardent à la rue Dargout, marquant principalement les faits symboliques du mode de rapport des haïtiens avec les morts.
Des adeptes sortent de partout afin de participer à cet évènement. Une foule immense qui compte de milliers de gens était en attente devant la rentrée principale du cimetière. On pouvait remarquer la présence des prêtres vodouisants, des houncils, des maçons, des étrangers, des étudiants, etc… chacun se mobilise à une fin respectivement personnelle, une mission prédisposée, un vœu doit être accompli en ce jour où les croyances et la foi se coïncident. D’autres invoquent des esprits pour gagner à la loterie, pour se venger d’un tiers. C’est un espace converti en tribunal des grandes tribulations humaines où tous les problèmes de l'existence sont exposés.
Parallèlement, des étudiants se contentent de de critiquer l’état physique des caves qui sont totalement ruinés et jetés aux oubliettes. Des pratiquants du vodou aussi se plaignent du traitement accordé aux morts par les autorités haitienne. Pour Gesner, un personnage rencontré sur place, « il n’y pas eu vraiment d’entretien des caves depuis des ans, seuls les caves de quelques potentats bénéficient de petit nettoyage ». «La dynamique du gede pourrait à lui seul combattre objectivement l’accusation de sor
cellerie assignée à l’encontre du vodou comme patrimoine culturelle trans-générationnel», a martelé fièrement le monsieur en noir et mauve. « Le gede est l’essence du vodou. C’est Une forme de communication entre les vivants et les morts,» a fait savoir Marjorie, un autre pèlerin rencontré au cimetière de la croix des bouquets.
cellerie assignée à l’encontre du vodou comme patrimoine culturelle trans-générationnel», a martelé fièrement le monsieur en noir et mauve. « Le gede est l’essence du vodou. C’est Une forme de communication entre les vivants et les morts,» a fait savoir Marjorie, un autre pèlerin rencontré au cimetière de la croix des bouquets.
Les cultes catholiques et les sectes vodous demeurent jusqu’à date les religions phares, voire les seules à être intéressées manifestement à la promotion de cette activité mettant en valeur les saints et les morts. Par conséquent, des pèlerins catholiques se rendent aux chapelles et aussi dans les cimetières dans le but de rencontrer les saints par des prières tout en exhibant des requêtes de grâces et de miséricordes. De même, des adeptes du vodou se rendent dans les cimetières pour commémorer le souvenir d’un défunt. En ce sens, le gede représente un élément fondamental du syncrétisme catholico-vodouesque existant dans la culture haïtienne. C’est la canalisation d’un medium mettant en relation le sujet physico-vital en rapport aux esprits.
Le gede embrasse toute une série de pratiques religieuses, culturelles et sociales formant un corps applicables aux mœurs et aux habitudes des adeptes vodouisants et de la population en général. Il faut souligner que les gens en possession du gede deviennent inconscients, ils sont totalement dépourvus des sens vitaux normaux, c’est pourquoi leurs actions sont involontairement animées par la présence d’un esprit appelé lwas. Ils parlent en langues censés méconnues, voire incompréhensibles par tous en entonnant des chansons de circonstances.
Toutefois, le gede ne semble susciter aucun intérêt pour les dirigeants de l’Etat. Il ne trouve pas encore l'encadrement nécessaire à son développement comme élément culturel fondamental. Le gede est en ce sens à structurer. Ce sont entre autres les vives critiques lancées par des pratiquants à l'egard des autorités.
Auteur: Steeve Casimir

Aucun commentaire:
Publier un commentaire