lundi 24 octobre 2016

Mémoire, culture et excursion: ZANMILY.ORG en visite au Bureau National d’Ethnologie (BNE)

Au-delà des échauffourées politiques liées aux campagnes électorales des différents candidats au sénat et à la présidence d'Haïti, se dessinent aussi sans faire grand bruit des activités culturelles. Vendredi 02 septembre 2016, les jeunes de ZANMILY.ORG, qui est une organisation sociale et culturelle, ont visité le BNE, Bureau national d’Ethnologie, qui va célébrer ses 75 ans d’existence le 31 octobre prochain. Des jeunes à la recherche de leur passé pour mieux préparer l’avenir. Ils ont été accueillis avec beaucoup de joies par les responsables du BNE, ces derniers ont facilité à ces jeunes une visite guidée des plus enrichissantes. En effet, des guides étaient sur place pour décrire, raconter, et expliquer les moindres objets exposés au bureau. 

La visite a débuté au jardin du BNE, cet espace magnifique où sont exposés des anciens instruments de la guerre de l’indépendance d’Haïti tels que boulets à canon, et autres objets historiques En explorant le jardin, les jeunes en ont profité pour faire connaissance avec quelques statues qui rappellent des figures précolombiennes comme une statue de Christophe Colomb observée à l’intérieur du jardin, et d’autres statues correspondant à nos racines tainos.

Sur les murs du jardin on pouvait voir des photos décrivant les différents lakou sacré existant dans le panthéon du vodou haïtien comme Lakou Badio, Soukri, Souvnans, pour ne citer que ces trois. Outre les descriptions des lakous sacrés du vodou, des vèvès sont aussi remarqués sur les murailles du « laboratoire de la culture du peuple haïtien », comme les responsables du BNE ont l’habitude de le surnommer. 

Entre autres, accompagnés des guides, les jeunes de ZANMILY.ORG ont poursuivi l’exploration en pénétrant à l'interieur du musée du BNE. Cet espace fait office d’un musée archéologique où sont exposés des objets remontant aux différentes périodes de l’histoire du peuple haïtien. C’est en ce sens que nos racines amérindiennes sont observées à l’intérieur du musée à travers l’exposition de certains objets identifiés comme étant des instruments légués par les tainos : pierre taillée, roche granulée, silex, etc. Plus loin, on pouvait apprécier au fond du musée deux « hotels », (l’un représentant le rite rada et l’autre représentant le rite petro, selon l’un des guides). « L’hotel » c’est un lieu où l’on arrange des objets sacrés du vodou à l’intérieur d’un peristil. Sur le haut de ces deux « hotels », il était facile pour identifier des divinités vodou représentées à travers l’image des saints de l’église catholique comme la maitresse erzulie dantor à travers la vierge marie, ogou feraille à travers saint Jacques majeur, etc. Louis Lecoin, le responsable principal du musée, explique la présence des saints de l’église catholique sur les « hotels » du vodou par ce qu’il appelle le « syncrétisme catholico-vodou ». Il faut toutefois souligner qu’actuellement le musée du BNE  est en pleine préparation d'une prochaine exposition artistique. Pendant la présence des visiteurs de ZANMILY.ORG, on a pu remarquer la présence d’un atelier d’artistes en train de confectionner des vèvès sur toile. 

À l’approche des 75 ans d’existence du BNE, le 31 octobre prochain, le responsable du musée, Louis Lecoin, rappelle le contexte de naissance du bureau, qui selon lui, remonte aux fameuses campagnes antisuperstitieuses organisées dans le temps contre les pratiquants du vodou. « Les intellectuels de l’époque, Jacques Roumain à la tête, ont fondé le BNE pour mettre fin aux campagnes des rejetés concoctées contre le vodou à plusieurs reprises », a précisé monsieur Lecoin.  

Interrogé sur ce qu’il pense de la visite des jeunes de ZANMILY.ORG au BNE, le responsable du musée déclare que «  les jeunes ne peuvent vivre sans se connaitre », la visite au BNE  c’est donc selon lui une occasion pour ces jeunes de se connaitre et de connaitre leur culture. Par ailleurs, pour Assedius Belizaire, qui est au poste d’assistant aux services du musée, qui est aussi l’un des guides ayant accompagné les jeunes, « notre travail rentre dans le cadre de la fonction du bureau qui est celle d’éduquer la population en valorisant le patrimoine culturel haïtien ». 

Questionnés à tour de rôle, les responsables des affaires culturelles de ZANMILY.ORG, Mirlène Salomon, Peter Son Philippes et Fredlet St Louis, se félicitent de la réussite de cette sortie. «C’est une très bonne activité, les jeunes devraient de plus en plus visiter le BNE », déclare Mirlène Salomon. Fredlet St Louis, un des responsables des affaires culturelles de l’organisation, dit avoir appris beaucoup de choses en rapport à la culture haïtienne. « C’est une initiative assez louable, j’espère que cette expérience va permettre aux jeunes de notre organisation de mieux interpréter les éléments culturels du vodou haïtien », a affirmé Peter Son Philippes, un autre responsable des affaires culturelles de l’organisation.

Quant au Coordonnateur Général de ZANMILY.ORG, Emmanuel Andy, il se dit satisfait de la visite. « C’est un espace, selon le numéro 1 de l’organisation, que tous les haïtiens devraient visiter ». Enfin, Kathie Joseph, qui est une nouvelle participante aux activités de cette jeune structure, félicite les organisateurs, elle se dit aussi satisfaite de la visite. Attendons pour voir le prochain site touristique et culturel qui sera déniché par ZANMILY.ORG. C’est certain que le BNE n’est pas le dernier, il n’est que d’attendre.                                                     





Auteur: Rubens
Avril

avrilrubs@gmail.com 

Haïti aux Secours: Besoin de Solidarité populaire

La solidarité populaire est un outil clé, prépondérant à l'entraide, à l'inclusion de tous et au vivre ensemble dans la vie moderne chaque jour devenu plus dur à supporter. C'est ainsi que 1804 nous a montré la force de l'union comme acte manifeste stipulant le symbole et l'expression de la solidarité populaire. Aujourd'hui encore, dans les situations les plus difficiles, il s'avère juste et imminent de pratiquer la solidarité populaire en apportant notre soutient et les assistances nécessaires pour nos proches, nos amis et nos compatriotes qui sont aux abois après le passage dévastateur de l'ouragan Matthieu. Ce dernier, brisant tout sur son passage, a concrétisé les grandes menaces qu'il représentait pour le pays. Les départements de la grand'anse et du sud sont les plus touchés par ce fléau et on a enregistré des centaines  de perte en vie humaine à l'issue des deux jours dévastateurs ayant occasionné l'ouragan. En ce sens, nous déplorons fermement l'irresponsabilité du gouvernement qui se cache derrière sa face voilée en léguant sa mission primordiale à la charge des nations unies, des ONG, voire les États-unis, ennemis du développement économique de la région caraïbeenne.


En plus, l'on a remarqué qu'aucune mise en place en alimentation d'eaux et de nourritures n'a été prévue pour les compatriotes qui se retrouvent aujourd'hui dans les abris provisoires, dit-on. Mais provisoires jusqu'à quand? Sur les lieux affectés par ce drame, il n'y a pas d'eau potable et aucune distribution de kits d'hygiène, de médicaments, et autres matériels qui seraient utils. L'État central s'est présenté comme veritable assistant des dégâts pendant les deux premiers jours. Par conséquent, on est en droit de se demander quelle est la vraie vocation/mission de l'État sinon de venir en aide urgente, aux secours immédiats de la population Haïtienne? Jusqu'à présent, quel apport a apporté les autorités gouvernementales aux familles victimes de cet ouragan dévastateur qui a fait des dégâts monstrueux et du coup mis a genoux le sud et la grand'anse plus particulièrement? 

Les inquiétudes sont énormes, trois (3) jours sans contact entre le grand sud, plus particulièrement la grand'anse, et le reste du pays. Jusqu'à présent les autorités tardent à donner des réponses satisfaisantes quant aux dégâts enregistrés dans le pays après le passage de l'ouragan. Les premiers indices donnent l'image d'une grand'anse dévastée. La population ne sait à quel saint se confier. Dans un premier temps, le gouvernement a parlé de 108 morts. Par la suite, il a avancé un total de 270 morts. C'est le bilan officiel jusqu'à présent. Selon le journal lemonde.fr l'ouragan Mathieu a tué plus de 100 personnes en Haïti. Toutefois, un article d'AlterPresse fait état de 264 morts. De même, lapresse.ca, un site canadien, relate une affaire de 283 morts qui seraient enregistrés suite aux catastrophes. Plus grave encore, un article de rfi parle de plus de 800 morts comme conséquence de l'ouragan en termes de pertes en vie humaine. Par ailleurs, les infos font croire que 80 % des bâtiments de Jérémie auraient été rasés par l'ouragan. Plus de 30 000 personnes seraient placés en abris provisoires seulement dans la grand'anse. La variation des chiffres relatifs aux dégâts est troublante. Le gouvernement semble ne pas détenir le monopole d'une parole fiable en ce sens. Devant son impuissance à répondre aux défis actuels, l'État n'a fait que déplorer les morts comme d'habitude. 

Nos insouciances face à l'environnement mettent une fois de plus en cause l'existence même de l'État. Où est passé l'État haïtien? Dira-t-on qu'il est affaibli, impuissant, défaillant, insouciant ou même inexistant? 

Six (6) ans après le passage du séisme du 12 janvier 2010, Haïti reste et demeure un pays de grandes inquiétudes, de désespoir, et de doute profond face à l'avenir. Pas de système de santé adéquat, les moindres traces de l'existence de la protection civile ne parviennent même pas à venir en aide à une commune, n'en parlons pas d'un département ou du pays en entier. En tout cas, aujourd'hui, il n'y a pas lieu d'être étonné devant l'impuissance de l'État face au désastre. Un pays, ça se construit chaque jour et se crée des projets d'avenir. 
L'importance de l'État doit se révéler dans ses capacités à confronter les défis dressées face à la nation. Loin de là. Au contraire, le passage de l'ouragan sur Haïti renforce les doutes quant à l'avenir. Définitivement, on est préparé à rien gérer. À nous de voir si c'est une bougie qu'il faut allumer pour chercher, créer, ou fonder l'Etat, ou si nous devons nous fier aux savoirs des sciences et des technologies pour tenir tête aux caprices de la nature.  Tout est à refaire pour certains departements. Même certains édifices publiques ne sont pas épargnés. Ils representent d'ailleurs l'evidence de la non-existence de l'État.  Un État qui n'opere que dans l'urgence, un État pompier, dit-on souvent. Les adjectifs font défaut pour décrire ce qu'on veut que soit l'État haitien.  


Auteurs: Steeve Casimir et Rubens Avril 
Casimir884@gmail.com/ Avrilrubs@gmail.com