La solidarité populaire est un outil clé, prépondérant à l'entraide, à l'inclusion de tous et au vivre ensemble dans la vie moderne chaque jour devenu plus dur à supporter. C'est ainsi que 1804 nous a montré la force de l'union comme acte manifeste stipulant le symbole et l'expression de la solidarité populaire. Aujourd'hui encore, dans les situations les plus difficiles, il s'avère juste et imminent de pratiquer la solidarité populaire en apportant notre soutient et les assistances nécessaires pour nos proches, nos amis et nos compatriotes qui sont aux abois après le passage dévastateur de l'ouragan Matthieu. Ce dernier, brisant tout sur son passage, a concrétisé les grandes menaces qu'il représentait pour le pays. Les départements de la grand'anse et du sud sont les plus touchés par ce fléau et on a enregistré des centaines de perte en vie humaine à l'issue des deux jours dévastateurs ayant occasionné l'ouragan. En ce sens, nous déplorons fermement l'irresponsabilité du gouvernement qui se cache derrière sa face voilée en léguant sa mission primordiale à la charge des nations unies, des ONG, voire les États-unis, ennemis du développement économique de la région caraïbeenne.
En plus, l'on a remarqué qu'aucune mise en place en alimentation d'eaux et de nourritures n'a été prévue pour les compatriotes qui se retrouvent aujourd'hui dans les abris provisoires, dit-on. Mais provisoires jusqu'à quand? Sur les lieux affectés par ce drame, il n'y a pas d'eau potable et aucune distribution de kits d'hygiène, de médicaments, et autres matériels qui seraient utils. L'État central s'est présenté comme veritable assistant des dégâts pendant les deux premiers jours. Par conséquent, on est en droit de se demander quelle est la vraie vocation/mission de l'État sinon de venir en aide urgente, aux secours immédiats de la population Haïtienne? Jusqu'à présent, quel apport a apporté les autorités gouvernementales aux familles victimes de cet ouragan dévastateur qui a fait des dégâts monstrueux et du coup mis a genoux le sud et la grand'anse plus particulièrement?
Les inquiétudes sont énormes, trois (3) jours sans contact entre le grand sud, plus particulièrement la grand'anse, et le reste du pays. Jusqu'à présent les autorités tardent à donner des réponses satisfaisantes quant aux dégâts enregistrés dans le pays après le passage de l'ouragan. Les premiers indices donnent l'image d'une grand'anse dévastée. La population ne sait à quel saint se confier. Dans un premier temps, le gouvernement a parlé de 108 morts. Par la suite, il a avancé un total de 270 morts. C'est le bilan officiel jusqu'à présent. Selon le journal lemonde.fr l'ouragan Mathieu a tué plus de 100 personnes en Haïti. Toutefois, un article d'AlterPresse fait état de 264 morts. De même, lapresse.ca, un site canadien, relate une affaire de 283 morts qui seraient enregistrés suite aux catastrophes. Plus grave encore, un article de rfi parle de plus de 800 morts comme conséquence de l'ouragan en termes de pertes en vie humaine. Par ailleurs, les infos font croire que 80 % des bâtiments de Jérémie auraient été rasés par l'ouragan. Plus de 30 000 personnes seraient placés en abris provisoires seulement dans la grand'anse. La variation des chiffres relatifs aux dégâts est troublante. Le gouvernement semble ne pas détenir le monopole d'une parole fiable en ce sens. Devant son impuissance à répondre aux défis actuels, l'État n'a fait que déplorer les morts comme d'habitude.
Nos insouciances face à l'environnement mettent une fois de plus en cause l'existence même de l'État. Où est passé l'État haïtien? Dira-t-on qu'il est affaibli, impuissant, défaillant, insouciant ou même inexistant?
Six (6) ans après le passage du séisme du 12 janvier 2010, Haïti reste et demeure un pays de grandes inquiétudes, de désespoir, et de doute profond face à l'avenir. Pas de système de santé adéquat, les moindres traces de l'existence de la protection civile ne parviennent même pas à venir en aide à une commune, n'en parlons pas d'un département ou du pays en entier. En tout cas, aujourd'hui, il n'y a pas lieu d'être étonné devant l'impuissance de l'État face au désastre. Un pays, ça se construit chaque jour et se crée des projets d'avenir.
L'importance de l'État doit se révéler dans ses capacités à confronter les défis dressées face à la nation. Loin de là. Au contraire, le passage de l'ouragan sur Haïti renforce les doutes quant à l'avenir. Définitivement, on est préparé à rien gérer. À nous de voir si c'est une bougie qu'il faut allumer pour chercher, créer, ou fonder l'Etat, ou si nous devons nous fier aux savoirs des sciences et des technologies pour tenir tête aux caprices de la nature. Tout est à refaire pour certains departements. Même certains édifices publiques ne sont pas épargnés. Ils representent d'ailleurs l'evidence de la non-existence de l'État. Un État qui n'opere que dans l'urgence, un État pompier, dit-on souvent. Les adjectifs font défaut pour décrire ce qu'on veut que soit l'État haitien.
Auteurs: Steeve Casimir et Rubens Avril
Casimir884@gmail.com/ Avrilrubs@gmail.com


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