vendredi 15 septembre 2017

AFFAIRE CLASSÉE


Depuis la nuit des temps, le chat mange de la viande interdite. Pourtant, on accuse toujours le chien de l'avoir bouffée. Sacré contentement de la communauté des chats!!! Dossier bien charpenté, chapeau bien confectionné à la mesure de l'accusé. Avec d'atroces douleurs, le chien subit humiliation et marginalisation. Les mêmes actions se reproduisent au jour le jour mais, si on porte le nom du chien, quelle que soit la dimension de l'aboiement, on est le seul coupable. Piège tendu par la nature, on a enfin découvert que le chat était un agent double!!! Malheureusement d'autres chiens  éxistent encore, tout se passe dans l'ombre, secret judiciaire, affaire classée. Le chat, était-il en partenariat avec d'autres animaux comme: le lion, le loup, le tigre??? La question se pose, secret des haut gradés de la jungle.




Auteur: John LACHAUD(BBP)
Journaliste / mémorant en linguistique. 3732-9051/ lachaudjohn@yahoo.fr



jeudi 6 avril 2017

Le Club des Amis sur scène pour sa deuxième sortie


La deuxième édition du Club des Amis s'est déroulée le week-end écoulé, le vendredi 31 mars 2017, à Delmas 32. Un coin de rendez-vous culturel qui a réuni plusieurs dizaines de jeunes, des animateurs très talentueux issus du comité, de jeunes artistes en solos et des DJ très prometteurs, à Kay Léonne Club, un espace de détente très fréquenté à Delmas 32.

Tout était déjà disponible à cinq heures de l'après midi. Les responsables du Club des Amis étaient déjà sur les lieux pour s'assurer que tout allait bien. Ils ont aménagé la salle de façon bien attrayante. Toutefois, les fêtards n'ont pas fait le déplacement à temps. "Le public visé par le club aura du mal à s'adapter à cet horaire car celui-ci est constitué majoritairement de jeunes écoliers, écolières en classe terminale, et de jeunes étudiants et étudiantes à l'Université. Il est fort probable qu'ils soient encore préoccupés par ses  activités académiques ", explique Mirlène Salomon, le numéro 1 du Club des Amis.  "Ensuite, les fêtards ne sortent généralement pas tôt. Ils attendent qu'ils fassent brin pour se déplacer, poursuit-elle.



Vers les 6h 30 pm, pendant que les jeunes s'amènent et que les sièges de la salle commencent à se remplir, le Coordonateur général Adjoint de l'organisation, David Cadet, a donné le coup d'envoi en plaçant tout d'abord des propos de bienvenue au public, puis en présentant le profil des animateurs de la soirée. Ils étaient au nombre de trois: Mirlène Salomon, Rubens Avril et Jackson Daniel dit Ti Pastè, tous membres de ZANMILY. ORG.

Peu de temps après, les animateurs ont gravé le podium, et ont pris siège autour d'une table. Leur présence sur scène a rapidement changé l'atmosphère  de la salle. Le sourire gagnait le visage de tout un chacun sous l'effet des plaisanteries bien intéressantes qu'ils ont forgées sur tous les aspects de la vie quotidienne et au sujet des actualités politiques, culturelles et autres. À ce titre, Angeline Gabelus, la première dauphine de la première édition du Club tenu le 30 décembre 2016, semble avoir raison d'affirmer que le stress n'a pas pu résister au milieu de cette ambiance euphorique qui régnait dans la soirée du 31 mars 2017. Quelques participants ont également bénéficié de petits cadeaux suite à leur participation à des jeux traditionnels que les animateurs ont pu imaginer.

Après une pause observée avec DJ Strong, les animateurs ont invité les artistes à fouler le podium. Dans la galerie, on a pu remarquer des artistes comme: Maïco, de son vrai nom Clair-voir Michel, Strong Man et Authentique. Leur performance fut précédée par une courte interview, retraçant leur carrière artistique respective. Maïco, originaire des Gonaïves, fut le premier artiste à faire son entrée sur scène. Il était aussi accompagné de son guitariste qui lancait ses notes magiques avec tant de précisions. Il a interprété plusieurs morceaux, parmi lesquels benyen m de Harmonik fut le plus remarquable. Le chanteur, grâce à sa voix limpide et fluette, a su tenir le public en haleine. Au terme de sa performance, le public les ont accueillis avec un tonnerre d'applaudissements.

Ce fut le tour de Strong Man  qui à sa manière, a régalé le public. Il s'est montré très habile sur scène et disposé d'une excellente capacité d'animation.

En tout dernier lieu, le podium des stars était cédé au jeune artiste Authentique, qui a apporté une autre couleur au menu de la soirée. Il a lui même offert plusieurs morceaux de rap kreyol. Malgré le déplacement de certains participants en raison du fait qu'il se faisait tard, l'ambiance était toujours au rendez-vous à kay Leonne club.
Questionné en fin de partie sur l'objectif du Club des Amis, M. Fredelet, un membre influent du comité du Club, a tenu à préciser que celui-ci "est un espace socio-culturel institué par ZANMILY.ORG, le 30 décembre 2016. Il vise particulièrement à faire promotion des jeunes talents de toutes sortes". 


Auteur: Emmanuel Andy

mercredi 8 mars 2017

Le mariage comme relation d’esclavage pour les femmes selon Christine Delphy dans son ouvrage « L’ennemi principale ».



Compte rendu de lecture. 

« L’ennemi principal ». C’est le titre d’un ouvrage écrit par Christine Delphy. Dans ce texte, elle pose le problème de l’oppression des femmes dans nos sociétés. 
        Dans un premier  temps, elle s’intéresse à attirer l’attention sur ce qu’elle appelle une lacune théorique dans l’étude de la situation des femmes étant que femmes. En ce sens, elle avance que « L’oppression des femmes est vue comme une conséquence secondaire à la lutte des classes telle qu’elle est définie actuellement, c’est-à-dire à la seule oppression des prolétaires par le capital ». 
Plus loin, Christine parle d’un certain frein au mouvement féministe. Ceci est dû aux contradictions que révèle la dynamique du mouvement de libération des femmes. Elle rappelle que son objectif n’est pas de faire le procès des contradictions auxquels confrontent le mouvement féministe, mais elle dit vouloir tenter de fournir au mouvement ce dont il a besoin en ce moment. Et, selon elle, le mouvement a besoin d’une analyse matérialiste de l’oppression des femmes. 
Elle cite des auteures comme Margaret Benston (1969-1979) et Larguia (1970) qui ont travaillé sur l’oppression des femmes à partir de sa base matérielle. Selon Christine, ces travaux analysent l’oppression des femmes sur « leur participation spécifique à dépasser la seule tache de reproduction  reconnue aux femmes dans la famille. En effet, Christine avance que la famille est le lieu d’une exploitation économique : celle des femmes ». Christine croit que l’analyse doit aller plus loin. Elle doit, selon elle, tracer les grandes lignes des perspectives politiques du mouvement en termes d’objectifs, de mobilisations et d’alliances politiques. 
Plus loin, Christine Delphy met l’accent sur les rapports de production dans lesquels entrent les femmes. D’entrée de jeu, elle soutient que dans toutes les sociétés, socialistes ou pas, c’est le travail gratuit des femmes qui assure l’élevage des enfants et les tâches domestiques. Ainsi, selon elle, le travail des femmes est exclu du domaine de l’échange, il n’est pas compté étant  que travail productif.  
Elle prend l’exemple de la France où aujourd’hui le travail des femmes est non seulement non rémunéré quand il s’agit de produits pour l’usage domestique, mais également quand il s’agit de produits pour le marché. Ceci s’applique dès que c’est la famille qui se charge de la production. 
L’auteur soutient « qu’historiquement et étymologiquement la famille est une unité de production ». Elle mentionne toute l’incompréhension que ça soulève lorsque la femme exige un salaire comme les fils l’exigent de leurs pères. Elle parle également de l’auto consommation. Ce qui se produit généralement dans les milieux paysans. 
En ce sens, Christine resume que «Hommes et femmes créent ensemble des valeurs d’usage ». Elle fait remarquer que « tous les services domestiques existent en fait sur le marché : les charcutiers et restaurateurs offrent des plats tous préparés ».  Sa conclusion est que « L’exclusion  du travail des femmes du domaine de l’échange ne résulte pas de la nature de leur production puisque leur travail gratuit s’applique : à la production de biens et services qui arrivent et sont échangés sur le marché ; à la production de biens et de services qui sont rémunérés dans la famille. 
Par la suite, Christine attire l’attention sur ce à quoi l’exploitation de la force de travail de la femme est aujourd’hui réduite. Elle continue pour dire qu’ « avec l’industrialisation, la famille est dépossédée de sa fonction d’unité de production ». 
Christine Delphy considère « La fourniture gratuite de travail dans le cadre d’une relation globale et personnelle (le mariage) » comme un rapport d’esclavage. Le mariage permet en effet l’appropriation et l’exploitation de la force de travail des femmes. Le mariage permet également une confusion du statut des femmes. Généralement, on prend la femme d’un bourgeois pour une bourgeoise. Ce qui n’est souvent pas le cas pour Christine Delphy. « Et finalement la « réintégration » des femmes dans les classes par leur définition comme propriété du mari a pour objet précisément de voiler le fait qu’elles sont une propriété du mari ». En conclusion, Christine croit que « l’exploitation patriarcale constitue l’oppression commune, spécifique et principale des femmes ». Par rapport aux perspectives politiques, pour elle, «  il importe de savoir en quoi consiste le patriarcat pour comprendre dans qu’elle mesure il est théoriquement indépendant du capitalisme. Seule cette compréhension permettra de rendre compte de l’indépendance historiquement constatée entre ces deux systèmes ». En ce sens, elle croit qu’ « À ce prix seulement il est possible de fonder matériellement l’articulation des luttes anti patriarcales et anti capitaliste ». 




Auteur: Rubens Avril

samedi 25 février 2017

Haïti état laïque ou état chrétien ? Critique du discours de l'ancien président Jocelerme Privert à l'occasion des deux cent ans du protestantisme en Haïti




Introduction 

Le 16 juillet 2016 marqua officiellement le deux-centième anniversaire de la présence des cultes reformés sur le sol haïtien. Il y a eu des célébrations partout à travers le pays. Pour loccasion, toute une série dactivités étaient prévues, entre autres, caravanes de la bible dans tous les départements et une exposition de la bible en grand format. Les activités ont débuté à la mi-juillet dans la ville des cayes en mémoire des deux missionnaires, Etienne de Grellet du Mobilier et John Hancock, qui posèrent les pieds aux Cayes pour la première fois le 16 juillet 1816. Le 18 Août 2016, les fidèles protestants étaient attendus devant le palais national pour célébrer les deux cents ans du protestantisme en Haïti. Lévènement fut salué tant par des autorités religieuses/protestantes que par des autorités publiques. Beaucoup dactivités ont été entreprises à loccasion pour célébrer ces deux cents ans dexistence et dévangélisation protestante dans le pays. En la circonstance, le Président Jocelerme  Privert reçut au palais national une délégation composée de protestants, avec à sa tête le pasteur Sylvain Exantus, Président de la Fédération protestante dHaïti. Le fait marquant de cette journée du 13 août 2016 est le discours de circonstance du président de la république dHaïti, Jocelerme Privert. Le président déclara ouvertement quil supporte le protestantisme et promit que lÉtat haïtien travaillerait au développement de ce secteur.  
« Nous avons tous besoin de foi et d'espérance. Lapôtre Paul, ne nous a-t-il pas enseigné ces trois choses ? La confiance, l'espérance et lamour, mais cest lamour qui, dit-il, est le plus grand pilier sur lequel nous devons construire notre vie. Aimons-nous les uns les autres, comme Dieu nous le commande. Haïtiens, chrétiens, peuple de Dieu, notre pays cherche toujours la voie de la paix et de la stabilité, aimons-nous les uns les autres ».
Ce nest pas un fait nouveau en Haïti en ce qui concerne lexpression ouverte de lattachement des dirigeants de lÉtat à une confession quelconque. Le traditionnel Te Deum de lÉglise catholique a longtemps constitué un passage obligé pour les présidents élus lors de leur prestation de serment. Il est ainsi clair que lÉtat haïtien, durant les dernières années surtout, exprime  son support à certaines confessions religieuses, telles que lÉglise catholique et la dernière en date les Églises protestantes dHaïti. Déjà, en mai 2016, Sylvain Exantus, à lannonce des activités du deux centième, avait réclamé de lÉtat, surtout en matière déducation, un traitement équitable par rapport à lÉglise catholique. Selon lui, le secteur protestant est traité en parent pauvre. Il en a aussi profité pour rappeler à lÉtat que les protestants eux-aussi paient des taxes, et que son secteur devrait, au même titre que les catholiques qui reçoivent des subventions de lÉtat dans le domaine éducatif, bénéficier du support de lÉtat haïtien. Ce sont là des signes de rivalités interconfessionnelles dépassant les limites du champ du sacré pour sexposer dans la sphère publique. Cest apparemment leffet de la non-limitation du religieux dans les affaires de lÉtat. 
Les évènements politiques en Haïti sont marqués par la coexistence dun double discours : religieux et politique. En fait, dans ce pays, on fait encore appel aux Lwas et au bon Dieu dans la résolution des problèmes socio-politiques. Durant les dernières années, des prêtres, des hougans et des pasteurs sinvestissent ouvertement dans la course au pouvoir détat. Ces derniers font perdurer dans leurs discours leurs attitudes de croyant. Dailleurs, la constitution haïtienne du 29 mars 1987, ainsi que sa version amendée, est restée muette quant à lattitude de lÉtat face aux religions, en dépit du fait que nos premiers textes de loi, la constitution de 1805 par exemple, fixa clairement les limites de tous les cultes vis-à-vis de lÉtat. Est-ce-que ce mutisme de la dernière législation en date sur les relations entre lÉtat et les cultes doit être mis sur le compte dune volonté expresse de laisser une porte ouverte à toutes sortes dempiètement de lun ou lautre secteur sur des domaines qui ne lui sont pas attribués par définition ? On nen sait pas grand-chose. Toutefois, les récentes déclarations du président de la république viennent de remettre à jour le débat sur le statut, le comportement, et les relations de lÉtat haïtien au regard des différentes dénominations religieuses. En effet, quelles sont les leçons de lhistoire sur les relations de lÉtat et des religions en Haïti? En faisant référence à la loi de 1905 sur la laïcisation en France, comment les principaux acteurs politiques, religieux et intellectuels dHaïti ont réagi face à ce revirement en termes de relation entre lÉglise et lÉtat au début du 20ème siècle ? Dans la conjoncture actuelle, quelle conclusion tirer des récentes déclarations du président Privert à légard des protestants dHaïti?


Quelques leçons de lhistoire
Guerdy Lissade analyse successivement les différents statuts conférés par les constitutions que le pays a connues, partant de celle de 1801 jusquà celle de 1987. Il opère un classement des constitutions en trois grandes catégories, en se basant sur leurs tendances et les dispositions stipulées en ce qui concerne le religieux. La première catégorie, regroupant celles de 1801 à 1816 (exception faite de la constitution impériale de 1805), présente la disposition la plus favorable et la plus légitimatrice de la confession catholique, étant à lépoque quasiment la seule confession chrétienne en Haïti. Les lois constitutionnelles de ladite période stipulent, de manière directe ou indirecte, le statut de religion détat du catholicisme.  Bien sûr, daucuns pourraient objecter que celle de 1801 ne se prononce pas dans des termes qui accordent ce statut au catholicisme, mais ce ne serait quune question de simples nuances, vu que celle-ci (1801) nous dit clairement : 
 La religion catholique, apostolique et romaine est la seule publiquement professée. (Art. 6)
La nuance ici, nous en conviendrons, ne réside que dans le choix de vocables et de formulations dans lesquels on nutilise tout simplement pas le terme de religion détat. Mais quand on aura parcouru les dispositions constitutionnelles de la période 1806-1816, on aura vu que toutes ces formulations, in fine, expriment la même inclination obsessionnelle des législateurs de lépoque pour la confession religieuse susdite. En effet, on peut lire clairement dans les dites constitutions que la religion catholique, apostolique et romaine est la religion de tous les haïtiens”. Le terme est fort, mais choisi à dessein par ceux qui lont écrit. Il y aurait beaucoup à redire à cela, sachant surtout que le pays vient tout juste à cette époque de se libérer du joug de lesclavage et le rôle historique déterminant quavait joué le vodou dans cette bataille pour la libération. On a du mal à croire que, précisément et seulement deux ans après cette libération, la totalité de la population indigène ait pu se défaire de cette religion populaire, qui précisons-le, par précaution dusage, tient encore jusquà aujourdhui. 
Mais on pourrait soulever la question du phénomène syncrétique pour nous objecter que le catholicisme a pu être vraiment la religion de tous les Haïtiens sans que le vodou ait pour autant été rejeté.  Mais dans ce cas on ne voit pas comment et pourquoi les législateurs, du haut de leur fonction, ont pu déduire que tous les haïtiens étaient catholiques, á moins bien sûr dadmettre que sous apparence de décrire une certaine réalité, on la faisait être en la nommant comme telle. De plus, on a au début singularisé dune certaine manière la constitution impériale, parce quelle est de loin la seule à navoir accordé aucune préséance à aucune religion. Ce qui logiquement nous amène à penser que dans la période dapplication de cette constitution, aucun culte religieux ne jouissait de passe-droit spécial, ou à linverse, nétait soumis à un quelconque régime de restriction. Ce qui rend encore difficile à croire à luniversalité du catholicisme dans lHaïti de lépoque. Et il faut croire aussi que les législateurs ont pu produire de pareilles conclusions parce quils ne risquaient sans doute pas de paraitre ridicules en faisant de telles déclarations dans un document qui était censé être le noyau des dispositions légales de ce pays, auquel toute la population devait obligatoirement se soumettre.
Prenons une petite parenthèse pour faire une brève lecture comparative des dispositions des trois premières constitutions (1801, 1805, 1806) vis-à-vis du religieux. Nous remarquons demblée la similitude de celle de 1801 avec celle de 1806, dans la mesure ou les deux imposent, clairement ou implicitement, la confession catholique, apostolique et romaine comme dominante. Et nous employons ici le qualificatif dominant à dessein, bien quil nen soit pas explicitement fait mention dans aucune des deux. Mais compte tenu du traitement spécial et la légitimité que lui accordent ces deux constitutions, nous croyons bien le terme utilisé à sa place. Nous aurons compris pourtant laspiration égalitariste des dispositions de la constitution impériale à lendroit des religions, quoique celle-ci, dès ses premières lignes fasse mention dun certain Être Suprême soit dit en passant, mais qui bien évidemment ne saurait être considéré comme prenant le parti dun culte déterminé. 
Les autres dispositions constitutionnelles de la première catégorie, soit celles de 1807 à 1816, ne sont quune pâle répétition de celle de 1806 en ce qui a trait au religieux. Le catholicisme reste la confession la plus légitime, pour ne pas dire la seule, puisque par définition, la vérité chrétienne, comme elle sest toujours donnée à connaître dans lhistoire pour son intolérance notoire, ne reconnait droit de cite à aucun autre culte, surtout quand elle est consacrée et soutenue par un pouvoir politique. Chacun sait ce qui a pu se passer toutes les fois que la religion chrétienne a eu du pouvoir dans lhistoire. 
Nous aurons compris combien désastreux ont été les agissements de léglise catholique qui, pour protéger et garder le pouvoir, la légitimité et le statut dunique religion dominante quelle sétait vue accorder pendant une certaine période de notre histoire, a mené plusieurs campagnes dites antisuperstitieuses, abusant de son pouvoir pour opprimer les autres religions, en particulier le vodou.
La deuxième catégorie, sétendant de 1843 à 1950, correspond à celle où lon commence à déceler une attitude de neutralité des lois sur le terrain religieux. Tous les cultes seraient soumis au même régime de contrôle et auraient les mêmes droits. Aucune religion ne se trouve considérée comme celle de létat. 
Mais il faut toutefois attirer lattention sur le fait que, souvent et même trop souvent, les lois et les pratiques sociales courantes se trouvent être aux antipodes les unes des autres. Sinon comment expliquer que nos fameuses campagnes antisuperstitieuses aient eu lieu précisément dans cette période, dans laquelle les lois se démarquaient de tout particularisme religieux.  
Vient ensuite la troisième période, suivant toujours la même logique de neutralité. Ladite période va de 1957 à 1987.
Nous entamons maintenant un deuxième temps dans nos réflexions. Celui-ci sera tout particulièrement consacré à des considérations sur les relations de lÉtat avec le religieux, en regard de la constitution de 1987.
Comme nous venons de le constater à laide de nos analyses basées sur les catégories construites par Lissade, il y a une évolution des dispositions légales de la première catégorie à la troisième catégorie de constitutions. Les deux dernières périodes (1843-1987) sont surtout marquées par une certaine neutralité des lois. Mais le rôle de létat ou de ses représentants, étant de garantir lobservation et le respect de la constitution, ne sont-ils pas dabord tenus de sy conformer eux-mêmes ?
Rappelons-nous la mention que nous avons faite plus tôt dans cet article aux campagnes antisuperstitieuses mises en route par léglise catholique. Ses efforts étaient concentrés sur le vodou particulièrement, mais ils ne concernaient pas moins les confessions reformées. Ce qui, à notre sens, étaient en contradiction avec les dispositions légales de lépoque, puisquaucune des constitutions de cette période ne légitimait un tel comportement. Et quoiquil y ait quand même eu certaines oppositions à ces campagnes et que les résultats escomptés nont pas été atteints complètement, il est légitime de se demander pourquoi léglise sest-elle crue en droit dopprimer les autres, sans aucune considération pour les lois, et aussi pourquoi ces campagnes nont pas été publiquement condamnées dès leur début en 1896 par les représentants de létat. Car elles lont été si peu au début quelles se sont répétées deux fois par la suite.
Comme nous le mentionnions plus tôt, en Haïti les pratiques sont très souvent en inadéquation avec les lois. Et si par définition, les dirigeants sont les représentants de la loi, nous pouvons alors avancer que toute pratique contrevenant aux prescriptions légales ne peuvent avoir lieu et se répéter que si ces représentants sont soit de mèche avec les contrevenants, soit quils leur sont soumis dune manière ou dune autre, ou quils sont incompétents et ne prennent pas la mesure de ce quils sont censés représenter. À ce stade de nos analyses, nous sommes en connaissance de la connivence historique entre léglise catholique et létat haïtien, au mépris de la neutralité supposée par les constitutions. Nous avons les exemples des campagnes contre le vodou, mais aussi plus proche dans le temps, les cérémonies dinvestiture des présidents élus. Le fameux Te Deum peut être vu comme un rite de consécration. Dans ce cas, sil existe vraiment une certaine efficacité dans une consécration religieuse pour un président entrant en fonction, pourquoi léglise catholique est celle qui détient ce privilège ? Ce nest pas à dire que le privilège devrait revenir à une autre religion, ceci invaliderait automatiquement notre travail, et nous ne saurions nous faire des plaidoyers pour une quelconque religion. Nous tenons quand même à préciser ceci, parce que nos réflexions risquent dêtre comprises en ce sens. Mais, compte tenu du fait que les dispositions légales, en ce qui concerne le religieux, ne stipulent aucunement quune étape de linvestiture du président doit être religieuse, il reste la question a deux volets ; doù sort-il que le président élu doit être consacré religieusement ? Et tout spécialement par léglise catholique ?
Ce genre de pratiques, quel que soit la logique qui le sous-tend, nécorche pas moins la constitution, qui est si facilement brandie pour dautres intérêts. Et ceci na dautres effets que daccorder une considération particulière à une religion. Ce qui logiquement, dans le cas du « Te Deum » avec léglise catholique, en fait dans une certaine mesure une religion détat. Ce qui donne lieu à une hiérarchie entre elles. Ceci peut donner lieu à plusieurs réactions possibles de la part des autres ; 
Elles peuvent accepter dêtre statutairement inferieures à celle qui détient les privilèges.
Il peut naitre une attitude de concurrence entre la plus légitime et celle (s) qui sont presquaussi fortes quelles, etc.
Dans notre cas en Haïti, cette situation de concurrence est illustrée par la rivalité non moins explicite et déclarée entre les deux grandes confessions chrétiennes : le catholicisme et le protestantisme (pentecôtisme plus précisément).
La laïcité française et Haïti 
Étant quancienne colonie française, et actuel État encore sous la domination des ex-oppresseurs, Haïti développe un certain rapport avec lhéritage intellectuel et colonial de la France. Il eut donc des répercussions du mouvement de laïcisation français sur Haïti.  «Haïti et le conflit des deux « France ». Cest le titre dun article de Lewis A. Clorméus, publié en 2010 dans la revue Chrétiens et sociétés. Cet article se donne comme point de départ une période importante dans lhistoire de la France où la légitimité de la religion a été remise en cause par des militants anticléricaux. Il sagit plus précisément  du  9 décembre 1905, lannée qui « mit fin au concordat de 1801 entre la France et le Saint- Siege » (Clorméus 2010 : 2). Dans cet article, Clorméus analyse la réception de la laïcité française en Haïti suite à la « révolution » du 9 décembre 1905. Selon lauteur, en dépit du fait que certains intellectuels haïtiens ont développé une littérature militante pour réhabiliter limage dHaïti au regard de lEurope, en particulier de la France, il affirme qu « il est toutefois clair que les élites dHaïti ont plagié celles de la France sur différents points » (Clorméus 2010 : 3). 
Par ailleurs, il souligne quà un certain moment, la France allait perdre le contrôle de sa « fille ainée » : « on sait que des tensions ont opposé le clergé concordataire et la France au gouvernement haïtien au début des années 1890 » (Clorméus 2010 : 8).  Lewis en profite pour rappeler « la lutte ouverte entre le gouvernement et le clergé lorsque le siège du Monseigneur Hillion était vacant » (Clorméus 2010 : 8). Bref, selon Lewis, la bataille entre anticléricaux et  défenseurs de la religion en France était perçue en Haïti « comme une bataille longue et compliquée où » la force militante et anticléricale devait lemporter sur la foi (Clorméus 2010 : 12). « Il nexiste à notre connaissance quune seule brochure dun militant catholique haïtien jetant un regard défavorable sur la loi du 9 décembre 1905 » (Clorméus 2010 : 12). Sur cette question, les intellectuels haïtiens étaient selon lauteur enfermés dans un parfait silence, la situation nationale leur empêchait de se prononcer. Pour conclure, Lewis affirme que « le projet de laïcisation des militants républicains français semble navoir pas pris en compte la situation religieuse dans les colonies. Toutefois, il avance quen Haïti on a attendu jusquen 1946 pour quune frange de la gauche haïtienne manifeste une certaine volonté de rompre avec la tradition constitutionnelle légitimant la religion, et il précise que cette tentative semble avoir échoué.
En Haïti, lÉtat a toujours été très proche de la religion, pour ne pas dire de lÉglise. Dailleurs, la colonisation de lîle sétait dautant mieux imposée quelle a été soutenue  par le mouvement  de christianisation. Le projet colonial denvahissement/occupation des territoires appelés « nouveau monde » saccompagnait de la religion catholique apostolique et romaine à côté de lesclavage imposée par la violence et la manipulation chrétienne. La révolution haïtienne fut ainsi fortement marquée de sentiments religieux. La grande révolte des « captifs » africains, au sens de Jean Casimir, (pour ne plus dire esclave) est partie de la cérémonie du bois caïman qui est considérée comme un congrès politico-religieux. Il faut en ce sens comprendre que la religion contribuait à la fois à létablissement de lesclavage et à la rupture effectuée en 1804 avec le projet colonial du « nouveau monde ». De même, après lindépendance dHaïti en 1804, la religion demeura un élément essentiel dans la fondation de la jeune nation postcoloniale. Toutefois, Dessalines, dans la constitution de 1805, se prononça très tôt  sur les limites de la religion dans le pays et le comportement officiel de lÉtat envers tous les cultes. Ce qui fait que la constitution de 1805 « ne reconnait pas de religion dominante ; la liberté du culte est tolérée, la séparation de lÉglise et de lÉtat établie (art 50 à 52) » (Moïse 2009 : 42). 
Cette tradition de la séparation de lÉtat et de lÉglise en Haïti a fait un peu de chemin durant le 19ème siècle. La religion devait se tenir tranquille, à lécart de toutes activités relevant de la sphère publique. Ce fut dailleurs promesse faite au Président Pétion par les religieux des cultes réformés en 1806 lors de leur arrivée en Haïti pour la première fois. Ils promirent duvrer absolument  dans la foi chrétienne/protestante et dans léducation. Ce fut lune des conditions imposée par le Président Pétion et acceptée par les frères protestants. La première condition, les premiers missionnaires ne devaient pas être des français. La deuxième, les églises protestantes ne devaient pas se mêler de la politique. La troisième condition, les protestants devaient soccuper de léducation. Par ailleurs, il fallut attendre le concordat de Damien signé en 1860 pour voir une implication plus poussée des frères du Saint Siège dans léducation. Dautres périodes marquantes participent aussi dans la construction des positionnements de lÉglise par rapport à la vie politique en Haïti. Durant la période de la dictature des Duvaliers, lÉglise catholique a spécifiquement joué un rôle déterminant dans le combat dit pour la démocratie qui a débouché sur le départ de Jean-Claude Duvalier le 07 février 1986. La militance de lÉglise catholique pendant la dictature lui valut une place dans la politique durant le processus de démocratisation post-duvaliérien. En effet, depuis 1986, lÉglise catholique demeure une institution très proche de lÉtat et des grandes décisions républicaines.  
La portée des déclarations du président Privert    
Parcourons un peu les propos de ce discours. Tout dabord, après avoir salué les ministres, les différents membres du gouvernement et les pasteurs présents, Privert dit accueillir les représentants de la communauté protestante au palais, premièrement comme un Frère qui accueille ses comparses religieux, et ensuite, comme Président de la république. 
« Je suis heureux, comme le fut le Président Pétion en 1816, de vous accueillir dans cette enceinte. Dabord comme Frères et Surs dune même foi, mais aussi comme Président de la République. »
Je ne crois pas quon puisse lui faire un procès ou laccabler pour ses sentiments religieux. Si Mr. Privert considère personnellement et dans sa vie privée, que sa fonction de Président de la république doit passer après son statut religieux, on ne peut lui en tenir rigueur. Après tout, ce droit lui est garanti comme à chaque citoyen. La liberté de conscience prescrit par la constitution ne saurait être refusée à un citoyen de la république. Toutefois, nous pensons quen recevant une délégation, de quelque nature que ce soit dans le lieu du pouvoir, il doit bien le faire en sa qualité de président, indépendamment de ses convictions personnelles. Et il faut aussi souligner que ces propos sont porteurs dune intensité symbolique qui indique de manière non moins explicite une certaine tendance à accorder une certaine primauté au religieux sur les affaires de lÉtat. Mr Privert veut aller au-devant des malentendus en disant lui-même savoir que la présence du religieux dans lespace public reste suspicieuse : 
« Je sais bien quil plane souvent un climat de suspicion récurrent, quand il est question de religion dans un espace public. Toutefois, il me semble utile de rappeler, que si les Eglises nont pas les moyens de gouverner directement, [par contre] lon trouve en leur sein des fortes et grandes idées sur lorganisation de la vie en société. Frères et Surs dans le Seigneur, ce nest pas seulement un privilège que de vous rencontrer aujourdhui, mais plutôt une grâce dêtre parmi vous, car Dieu nous a bien révélé que lorsque deux ou trois sont réunis en son nom, il est en effet parmi eux. Et nous avons la certitude quil est là avec nous. » 
Mr Privert, en nous disant cela, pense pouvoir se construire un bouclier contre toute critique, Mais nous ne croyons pas que son anticipation puisse le protéger. Le Palais national, comme tout autre espace physique ou sexerce un pouvoir politique, nest pas un simple espace public comme pourrait le prétendre Mr Privert. La présence du religieux dans les espaces publics soulèvera suspicion dépendant de la manière dont elle sy manifeste. Dans un État où la loi naccorde à aucune religion le statut de religion détat, il est assez évident que cela devienne suspect si une religion particulière vient à se manifester dans un espace public sous une forme qui est susceptible de limposer comme supérieure ou spéciale et par là-même éclipser les autres cultes et formes de croyances. Cela risque de froisser dautres susceptibilités, ce nest pas franchement équitable, et cest le moins quon puisse en dire. Létat et ses représentants en conséquence, devraient être les premiers à garder à égale distance tous les cultes hors de lespace du pouvoir. On ne dit pas pour autant que laccès aux lieux de pouvoir doit être refusé aux personnalités ou délégations religieuses, loin de nous cette idée. Mais toutefois, la neutralité dont létat et ses représentants devraient faire preuve en qui concerne le religieux, implique que ceux-là devraient avoir une attitude qui ne doit en aucun cas laisser entendre quune légitimité particulière est accordée à un culte en particulier. Cela parait dautant plus suspect que Mr Privert souligne dans son discours que les églises nont pas les moyens de gouverner « directement », et cest une piqûre de rappel de sa part. En loccurrence, si elles ne peuvent pas gouverner directement, les églises le peuvent indirectement, du moins cest un sous-entendu quon peut déduire des propos du président. 
Que le secteur protestant ait pu réaliser un travail considérable et appréciable dans léducation comme le dit Privert, on ne pourrait que saluer un tel fait. Je ne crois pas que lon puisse lui tenir rigueur dadresser des remerciements publics au secteur dont il est question. Mais toutefois, nous ne croyons pas quil soit nécessaire quil se présente comme un plaidoyer de ce secteur et transformer lespace du palais national en lieu de croisade protestante. Létat ne peut et ne doit se trouver être dans le prolongement des intérêts dun culte particulier. Il devrait éviter toute forme de proximité spéciale avec un secteur religieux en particulier, sinon nous risquons éventuellement dassister à des contentieux interconfessionnels, et des dérives auxquels le champ du politique servira de scène. 
« Durant le cours mandat qui [incombe] à cet exécutif provisoire, létat fera ce qui est nécessaire pour contribuer au développement du protestantisme en Haïti. »
« Je suis à vos cotes dans ce combat, vous encourageant à garder le cap, même en ces temps de crise dans notre pays. »
« Vive le protestantisme, vive le peuple haïtien. »
Comme nous lavons plusieurs fois signifié dans notre article en des termes différents, notre objectif nest aucunement daccabler Mr Privert pour ses convictions personnelles. Et aussi, nous nous attendons à ce que ce présent travail soit lu et perçu par certains comme une attaque contre le secteur religieux en question, mais en réalité rien ne serait plus loin de nos intentions. En effet, notre propos se limite au fait que létat et ses représentants devraient se positionner à égale distance par rapport aux différents cultes, ou en de meilleurs termes, rester neutres. Prendre le parti de lun revient à lui accorder un statut qui ferait du coup défaut aux autres. Or, nous en conviendrons, ceci nest pas franchement en phase avec les principes démocratiques auxquels nous prétendons aspirer. Tous les cultes devraient par conséquent recevoir le même traitement être soumis aux mêmes restrictions. Sinon le pouvoir politique se trouvera être dans le viseur des cultes désirant jouir du privilège accordé à tel autre, et de ce fait, il ne sera pas rare de constater la présence dun cheval de Troie religieux de temps en temps dans la sphère politique. 
Bibliographie
Claude Moise. Constitutions et luttes de pouvoir en Haïti, Editions de lUniversité dÉtat dHaïti, 2009. 
Clorméus A. Lewis. Léglise catholique face à la diversité religieuse à Port-au-Prince, 2004, in Archives de sciences des religions. p. 160.   
Joseph Guerdy LISSADE. Religion et Constitution en Haïti, 1999. Ce texte a été présenté lors du colloque organisé par le ministère des cultes sur le thème : Religion et transformations sociales à laube du troisième millénaire.





Auteurs:  Rubens Avril et Giscard L.  M.  S. Calixte

lundi 23 janvier 2017

Pré-fac Delmas Gratis: dix admis à l'UEH



Dix jeunes de la Pré-fac Delmas Gratis sont admis à l’Université d’Etat d’Haïti (UEH) suite aux concours d'admission de 2016, selon les informations disponibles sur la page facebook de ZANMILY.ORG. Charles Ribenson, Pierre Wesly, Celicourt Marvel Edlyn (admis à l'INAGHEI), Murielle Brunache, Cerisier Marie Lunix Hogla, Ducasse Rousseau, Jean Ricksen, Job Joseph (admis à la Faculté d'Ethnologie), Shella Altidor (admise à l'IERAH ISERSS), Jefferson Emmanuel Michel (admis à la FDSE) sont les noms de ces 10 jeunes qui sont admis à l'UEH suite à leur participation à la pré-fac gratuite de Delmas. 
 ZANMILY.ORG, une jeune organisation regroupant en majeur partie de jeunes universitaires de tous horizons, s’était engagée, pour la première fois, durant les vacances d’été de 2016, à l’encadrement des jeunes bachelières et bacheliers désirant vivement investir le champ universitaire tant privé que public. Il s’agit précisément de l’initiative d’une pré-fac prise par ZANMILY.ORG, une activité académique de mise à niveau permettant aux jeunes de se préparer pour les concours d’admission à l’Université. Celle-ci a été prise à l’intention des jeunes de la zone métropolitaine, particulièrement ceux résidant à Delmas, d’où le nom de Prefac Delmas Gratis, selon les explications fournies par David CADET, le Coordonnateur Adjoint de l’organisation.
Le directeur de la Pré-Fac Delmas Gratis, M. Rubens AVRIL, a tenu à préciser que le choix de la réalisation de cette pré-fac dans la commune de Delmas a été d’abord guidé par le simple fait que ZANMILY.ORG est issu de cette communauté, et que son siège social s’y trouve également.Tenant compte aussi de la vulnérabilité financière de nombreuses familles haïtiennes ne pouvant permettre à leurs enfants de fréquenter une université privée après leurs études secondaires, ZANMILY.ORG se fait le devoir de les fournir gratuitement une assistance académique adéquate. « De plus, Cette initiative va de pair avec l’un des objectifs de ZANMILY.ORG qui consiste à contribuer dans la formation académique, socio-professionnelle et universitaire des jeunes de la société haïtienne en général », a martelé, la secrétaire de la structure, Dieulène EXANTUS.
Guenet ALCIME, l’un des encadreurs de la pré-fac Delmas Gratis exprime son enchantement d’avoir contribué à la réussite de ce projet de mise à niveau qui a facilité l’intégration de dix(10) jeunes des deux sexes à l’Université d’Etat d’Haïti(UEH). Ce geste de solidarité, a-t-il poursuivi, posé par toute l’équipe de ZANMILY.ORG à l’endroit des bacheliers, marque l’ébauche de l’accomplissement de leur obligation morale envers la communauté de l’UEH dont ils sont issus.
En outre, M. Jaude OMEUS, le responsable des affaires académiques du comité institué à la tête de la Pré-Fac, salue le dynamisme de tous ses collaborateurs ainsi que la performance de ces dix jeunes prometteurs. « Le parcours n’a pas été  toujours facile. Mais nous avions su surmonter les obstacles d’ordre académiques, financiers et relationnels pour parvenir au terme de notre projet », a-t-il conclu ».
Les postulants ont eux-mêmes clamé leur satisfaction de cette nouvelle expérience. Ils ont du coup profité de l’occasion pour exprimer leur profonde gratitude à l’endroit du staff organisateur et de tous les encadreurs, qui se sont donnés corps et âme à leurs progrès académiques. Wesly PIERRE, admis à l’Institut National de Gestion des Hautes Etudes International (INAGHEI), a fait savoir que : « cette expérience avec la Pré-Fac de ZANMILY.ORG a été bien enrichissante. Mes lacunes ont été progressivement comblées grâce aux efforts constants et à la clairvoyance de nos animateurs. Ce qui a surtout retenu mon attention durant le  mois passé à la pré-fac, ce sont les séances d’atelier tenues au sein de cette dernière. Il s’agit particulièrement d’un espace de simulation, de travaux pratiques, d’échange, de débat et de discussion rationnelle. Tout ceci a été envisagé dans le souci de permettre aux postulants de se familiariser avec le profil des épreuves et de dissiper dans la mesure du possible le doute qui paralyse notre rêve, qui est celui de trouver une place à l’UEH  », a-t-il précisé.
De même, Job Joseph, un autre admis à la Faculté d’Ethnologie(FE), s’est dit très satisfait de la pédagogie des encadreurs, et du cadre disciplinaire institué par les organisateurs au sein de la Pré-Fac Delmas Gratis. « À ce titre, je suis entièrement disposé à rejoindre le staff de ZANMILY.ORG pour la survie de ce projet consistant à contribuer à la vie socio-professionnelle, académique et universitaire des jeunes de la société haïtienne ».
Marie Lunix Hogla CERISER, admise également à la Faculté d’Ethnologie (FE), adresse ses propos de félicitation à l’endroit de ses différents animateurs. « Je suis pleinement satisfaite de leur travail. Ils ont assumé leur tâche avec le sens du sérieux. »  Elle renchérit  que : «  Le staff de la pré-fac a créé une véritable ambiance intellectuelle. Ils ont attisé chez nous le goût de la lecture, et a développé également le sens de la critique. En effet, nous étions bien souvent obligés de produire des comptes rendus de lecture, de présenter des exposés devant tous nos camarades. Les noms des postulants ayant obtenu les plus fortes notes ont été affichés à l’entrée  des différentes salles. Cette stratégie visait particulièrement à couronner non seulement les efforts des postulants mais à déceler les lacunes et de se mettre au travail par conséquence. »


M. Rubens AVRIL, le directeur de la Pré-Fac, remercie chaleureusement ses collaborateurs au sein de l’organisation ainsi que ceux de l’UEH, qui ont prêté main forte à la réussite de ce gigantesque projet. « Espérant que le taux de succès sera plus élevé, ZANMILY.ORG donne rendez-vous au grand public l’année prochaine pour une deuxième Edition de la Pré-Fac Delmas Gratis. », a-t-il conclu. 





Auteur: Emmanuel Andy

                                                                                  
                                         

dimanche 18 décembre 2016

Les trois raisons de la victoire de Jovenel Moïse aux élections du 20 novembre


La victoire de Jovenel Moïse aux élections du 20 novembre 2016 est couramment appréhendée  de deux manières. Pour ces adversaires, c’est une victoire inattendue, pour ne pas avoir pris aux sérieux les sondages et les pronostics qui ont toujours porté Jovenel en tête de liste. Tandis que, pour les sympathisants de Jovenel, il ne faut voir dans cette victoire aucune surprise, car ce n’est pour eux que la confirmation des élections du 25 octobre 2015 et des récents sondages avant les élections du 20 novembre. Ces interprétations se limitent entre adversaires, partisans et opposants de chapelles politiques différents. Il semble que les points de vue et analyses sur cette question ne s’expriment pas au point de transcender la dichotomisation « pour ou contre » un candidat ou un autre. L’enjeu du pouvoir et le fanatisme semblent aveugler tant des journalistes, des étudiants que des intellectuels. Le débat est tout simplement plat : « pour ou contre ».
Par ailleurs, je pense qu’il y a lieu de produire des réflexions justes et valides sur le « phénomène Jovenel Moïse ». J’appelle le « phénomène Jovenel Moïse » tout le processus de construction de ce dernier en passant par sa présentation dans le projet de bannann, tout son processus de campagne depuis 2015, jusqu’à sa victoire aux élections du 20 novembre 2016. C’est un phénomène marquant qui mérite d’être interprété avec intelligence et lucidité.

Après l’annulation des élections présidentielles de 2015, on croyait que le phénomène Jovenel Moïse c’était fini. C’est bien le contraire, malgré son statut d’outsider. Dans nos analyses, nous sommes particulièrement intéressés par les six candidats qui ont toujours donné l’apparence de devancer les autres durant le processus de campagne. Notre démarche consiste donc à expliquer la victoire de Jovenel au dépend de ces cinq poursuivants immédiats, tels que : Jean Henry Céant, Jude Celestin, Edmonde Surplice Beauzil, Moïse Jean Charles et Maryse Narcisse. Quelles seraient alors les raisons qui ont fait gagner Jovenel Moïse ? La question est osée par le simple fait de vouloir trouver des « raisons » à une victoire électorale en Haïti. Il y a un point de vue dans ce pays qui veut que les élections soient l’apanage de « Zam ak lajan ». Ce point de vue est devenu un discours commun, répété même par certains universitaires qui auraient pour vocation de chercher à appréhender les phénomènes de la vie collective au moyen des outils de la science et de la technologie. Ce texte se veut donc une tentative d’explication  rationnelle des élections à partir des outils de la sociologie, de l’informatique et de la communication sociale mises en œuvre dans les stratégies de campagne électorale. La victoire de Jovenel Moïse est ici compréhensible à partir de trois éléments que nous appelons : « 1- Le semblant d’unité du camp PHTK. 2- La machine audiovisuelle mise en place par l’équipe de Jovenel. 3- Le slogan de Jovenel Moise (Nèg Bannann nan) ». Nous ne saurions omettre le rôle significatif joué par l’argent dans les élections, mais nous faisons ici le choix d’aborder la question sous un angle différent, celui du marketing électoral.

  • Le semblant d’unité du camp PHTK

Comme annoncé à l’avance, la tentative d’explication de la victoire de Jovenel  Moïse doit tenir compte de ces principaux adversaires. Le premier élément que nous voulons expliquer comme facteur décisif de cette victoire est ce que j’appelle « un semblant d’unité dans le camp du PHTK ». Il faut dire qu’une telle image s’est construite  au détriment des secteurs politiques opposés au clan PHTK. En effet, après les cinq années d’opposition et de mobilisation contre Michel Martelly entre 2011 et 2015, les secteurs de l’opposition, répondant aux noms de LAVALAS, MOPHOD, PITIT Dessalines, épaulés par des militants de la société civile et des parlementaires farouches à Martelly, l’opposition s’est éclatée en mille morceaux. « La rue » est divisée, riait-on de ces vieux politiciens. Les tables de mobilisation et de concertation des MOPHOD, LAVALAS, PITIT Dessalines et d’autres organisations populaires n’ont pas cherché construire une force politique cohérente en termes d’alternative aux Tèt Kale. Ainsi, faut-il comprendre l’éclatement de l’opposition comme un facteur décisif dans la victoire de Jovenel Moïse aux élections du 20 novembre. Le clan des Tèt Kale s’est toujours montré « uni » face à ses adversaires. Ceci peut être considéré comme la première raison de leur victoire.


  • La machine audio-visuelle mise en place par l’équipe de PHTK.

La deuxième raison est au niveau audio et visuel. Elle est logiquement liée à la précédente.  L’équipe de Jovenel a réussi à adapter la campagne au temps et à l’ère électronique dans laquelle nous évoluons. Au niveau audio-visuel, l’équipe des Tèt Kale a coordonné la campagne autour de trois grands axes : la radio, la télévision et l’internet. 
Jovenel Moïse a en effet été l’un des candidats les plus présents sur les stations de radio. Son équipe a fait diffuser des messages audio des plus sensationnels en mobilisant toutes les rhétoriques de la propagande électorale moderne qui ne vise qu’à susciter passions et fanatisme chez les électeurs. En mentionnant rhétorique dans le cas de Jovenel, je veux parler des multiples répétitions des mêmes messages sur les stations de radio. Ces messages, à force d’être répétés, créent du sens dans l’imaginaire collectif. Ce n’est pas que les autres candidats n’ont pas diffusé de message à la radio, mais ils n’ont pas réussi à exercer le même niveau de persuasion que le camp PHTK. Jovenel a bénéficié d’une meilleure diffusion radiophonique, tant en termes d’heures de diffusion sur les stations de radio, qu’au niveau du contenu des messages. Ces techniciens lui ont assuré une présence continue sur les stations de radio à travers des spots diffusés à longueur de journée. Ils ont eu l’intelligence suffisante pour exploiter les moments forts dans les discours de Jovenel livrés lors des meetings à travers le pays. Ils ont mobilisé les séquences les plus sensationnelles pour alimenter les messages audio et ainsi prolonger les meetings sur les stations de radio. Il faut reconnaitre qu’à ce stade il y avait un haut niveau de technicité mise en œuvre dans la campagne.   

La télévision fut aussi déterminante dans la machine électorale de PHTK. C’est le lieu privilégié de rediffusion en images vidéo de chaque déclaration, meeting ou prise de parole quelconque. La force de la télévision réside principalement dans l’apparence des foules immenses lors des meetings et dans la démonstration de popularité du candidat, notifié par la mention de chaque ville et département visité. C’est l’une des techniques de manipulation, l’une des règles de la propagande que Jean Marie Domenache appelle « règle de contagion », qui consiste à créer l’illusion de l’unanimité. Le candidat se présente comme s’il faisait unanimité en grossissant les foules par tous les moyens. Et, la télévision est le meilleur espace pour communiquer cette illusion d’unanimité. Cette technique permet de maintenir une influence importante sur l’électorat, notamment sur les électeurs indécis. Car, une grande partie d’un électorat, si ce n’est la majeure partie, va généralement voter  pour le candidat qui semble faire le plus d’unanimité possible. Suivant cette logique, l’électeur vote pour un candidat qui donne l’apparence de pouvoir remporter le vote majoritaire. « Je ne veux pas perdre mon vote », disent-ils généralement. De tels jugements sont l’effet de la fièvre électorale. Celle-là conditionne l’électeur à se sentir engagé, autant que le candidat, dans un combat, dans une compétition, qu’il doit à tout prix gagner. De ce fait, il ne peut pas miser sur n’importe quel compétiteur pour ne pas perdre sa mise. Ceci peut nous éclairer sur les écarts énormes entre Jovenel et les autres candidats enregistrés dans les élections du 20 novembre dernier. Le candidat ayant créé le plus de perception l’a emporté en impliquant dans la bataille électorale les électeurs les plus anonymes. Les techniciens le savent bien, et l’en ont très bien appliqué pour la cause de Jovenel. 
De même, l’internet est le nouveau maitre mot en matière de mobilisation électorale. Facebook, whats app, twitter, youtube se sont faits une place considérable dans les batailles pour le pouvoir politique. Les récentes élections américaines ont donné l’exemple d’une campagne super électronique à travers les réseaux sociaux notamment. Chacun des deux principaux candidats a consacré un réseau spécifique pour sa campagne : Hillary Clinton, facebook, et Donald Trump, twitter. Jovenel Moïse a aussi beaucoup usé des réseaux sociaux. Avec des photographies bien travaillées, son équipe de communication graphique (visuelle) a fourni un travail important. Il faut alors comprendre que les photos prises au cours de la campagne seraient de moindres importances ou ne serviraient pas à grand-chose sans le travail d’un communicateur qui sait faire l’harmonie entre une bonne photo et l’imaginaire collectif/populaire haïtien. Et, les réseaux sociaux (l’internet) assurent la publicité et la propagation de ces photos en étant accompagnées de brefs messages connus du genre des professionnels de la communication. C’est en ce sens la place d’un certain professionnalisme dans le champ politique trop longtemps étranger à de telles compétences. Les vieux politiciens doivent enfin admettre que les temps sont révolus. Ils doivent comprendre le rôle de la science et de la technologie dans la politique.


  • Le slogan de Jovenel Moïse (Nèg bannann nan)

On ne mène pas une campagne électorale sans un bon slogan. Le slogan est un élément décisif dans le marketing électoral. Il doit nécessairement contribuer à faire parler du candidat en bien ou en mal. Il a plusieurs fonctions. L’une d’elles c’est la fonction publicitaire qui consiste à faire connaitre le candidat. Un slogan qui ne remplit pas cette fonction ne mérite pas cette qualification. Car, le candidat c’est un produit à vendre dont le slogan est son étiquette. 

Dans les récentes élections, certains candidats avaient un slogan, et d’autres non. Le candidat de Lapeh par exemple, Jude Célestin, aurait un bon slogan (Lè a rive). Cependant, l’équipe de Jude n’a pas assez exploité ce slogan. Son équipe n’est pas parvenue à transcrire ce slogan dans la réalité. Ils n’ont pas su exploiter le sens mobilisateur du slogan. Le candidat lui-même ne s’est pas trop accroché à son propre slogan. Même sur certaines affiches de Jude Célestin on ne trouve aucun slogan. L’ex sénatrice Edmond Supplice Beauzil se faisait appeler «  fanm choublak la ». On dirait que c’était son slogan. En réalité, c’était une sorte d’imitation du slogan de Jovenel Moïse, Nèg bannann nan. C’était très mal à droit de copier aussi sèchement le slogan de phtk qu’on critiquait autrefois. Parait-il que Maryse Narcisse affichait, « Bò tab la » comme slogan. Ce slogan est fait avec l’emblème du parti Fanmi Lavalas, qui est représenté par une table. « Tab la » remonte à la période de fondation de l’organisation politique Fanmi Lavalas à la fin du 20ème siècle. Ce mot d’ordre qui fut très mobilisateur dans les années 90 semble avoir fait son temps. Il s’est alors révélé un véritable échec en termes de mobilisation dans la campagne de 2016. Ceci aura permis de comprendre que la force de nouveauté est l’un des vertus d’un slogan électoral. On ne peut pas choisir n’importe quel mot d’ordre idéologique pour son slogan. Le slogan n’a rien à voir avec l’idéologie, c’est avant tout un travail de communication. L’idéologie peut quand même servir d’ingrédients au slogan en termes de contenu. Mais, un mot d’ordre idéologique ne peut pas servir de slogan, sinon il aura échoué. C’est la même chose pour Edmonde Supplice. Son parti (Fusion) est représenté par la fleur « choublak ». L’équipe de madame Beauzil a commis l’erreur de construire un slogan sur la base de son emblème, car l’emblème de Fusion ne renvoie à aucune réalité, ni réel, ni imaginaire. La fleur « choublak » ne dit rien. « Fanm choublak la » ne dit non plus rien à la population haïtienne, puisque ce mot d’ordre n’est pas créateur de sens. En effet, prendre l’emblème de son parti pour slogan se révèle être une très mauvaise démarche. Un tel choix traduit le peu d’importance accordée à la question du slogan par les partis politiques. Mes observations sur les campagnes de 2015 et 2016 me laissent en effet comprendre que les partis ou les hommes politiques n’accordent presque pas d’importance à un slogan dans ce genre d’activité. Un candidat qui s’appelle Frantz Bertin avait pour slogan « Jistikrasi ». C’est le modèle typique des idéologues têtus qui croient pouvoir transcrire l’ensemble de leurs croyances, visions et convictions politiques dans un slogan électoral. Ils ne comprennent pas que le slogan ce n’est que pour les élections, et après quoi il disparait pour faire place à un nouveau. Il fait d’ailleurs partie des cinq règles de la propagande de Jean Marie Domenache. « La règle de simplification » : emploi de slogan et de mot d’ordre. 

Jovenel Moïse avait pour slogan « Nèg bannann nan ». À l’aide de ce slogan, il est passé pour le candidat le plus populaire dans les campagnes de 2015 et 2016. L’un des mérites de « Nèg bannann nan » étant que slogan électoral c’est qu’il faisait corps avec son candidat. On pouvait faire référence à Jovenel qu’en voyant une banane ou en mentionnant le mot « bannann » devenu beaucoup plus à la mode qu’à avant. Les techniciens du Phtk ont touché l’une des plus grandes sensibilités haïtiennes, la question de la nourriture. D’autant plus que « bannann nan » renvoie à la question de l’agriculture et à la production nationale. Ainsi, le discours de Jovenel est parvenu à faire rêver une population en quête d’alternatives aux vieux politiciens. Avec un bon travail de communication, le slogan « nèg bannann nan » a fait passer Jovenel Moïse pour un « leader paysan ». Un statut longtemps revendiqué par Moïse Jean Charles. On dirait que Jovenel a volé ce statut à Moïse Jean Charles. Surtout que Moise Jean Charles a préféré un discours « marxiste, socialiste » à son premier discours construit autour de la paysannerie. Il s’est fait appeler « socialiste rénovateur », en lieu et place de « révolutionnaire » qu’il se disait être autrefois. 
  • Conclusion

L’une des caractéristiques fondamentale d’un discours électoral c’est sa capacité à faire rêver les électeurs. C’est là une force incontournable qui provoque passions et égarements. Le discours électoral est une parole politique articulée autour d’un ensemble d’éléments présentés aux électeurs en termes de possibilités de changement et de progrès. Le discours électoral fait ainsi la combinaison d’un passé choisi avec un avenir illusoire. Le présent est en effet escamoté au profit d’un futur utopique. Seul un candidat assez habile à faire une telle combinaison peut récolter un vote majoritaire à mon humble avis d’apprenti sociologue.

Les outils de la communication sociale et des nouvelles technologies de l’information ont été mis en œuvre tout au cours de la campagne électorale des Tèt Kale. De même, il est à noter que plusieurs des adversaires de Jovenel ont confié la directive de leur campagne à de simples politiciens de carrière, des amis proches, ou des membres de leurs familles. L’architecte Lesly Voltaire, ex-député, était le chef de la campagne de Maryse Narcisse. La campagne de Jude Célestin était sous la responsabilité de Paul Antoine Bien Aimé, un ancien ministre sous le gouvernement de Préval. Aussi, pensez aux critiques de Jean Hector Anna Cassis adressées à Jude Célestin publiquement. Selon l’ancien Sénateur, Jude n’aurait utilisé aucun des cadres/techniciens de Lapeh. Sa campagne de 2016 aurait été dirigée que par ses alliés du G-8. Jusqu’à quand ces vieux politiciens comprendront-ils que campagne électorale c’est l’affaire des techniciens de la communication sociale, de la psychologie sociale notamment et des spécialistes en technologie de l’information ? Combien d’élections doivent-ils encore perdre pour créer de la place pour les jeunes cadres sociologues, psychologues, communicateurs et informaticiens du pays ? 






Auteur: Rubens Avril 
avrilrubs@gmail.com 


   

jeudi 1 décembre 2016

Journée mondiale Sida: des jeunes écoliers s'interrogent


Le 1er décembre est la date consacrée à la journée mondiale du VIH/SIDA par l'Organisation des Nations Unies(ONU). Chaque année le monde commémore cette maladie planétaire en mobilisant des jeunes par la sensibilisation sur les moyens de protection par rapport à ce fléau. Ainsi, profite-t-on de cette journée pour apporter des conseils pour les jeunes étant que population cible. De même, le 1er décembre constitue un moment clé pour renforcer les seances thérapeutiques envers les personnes atteintes du VIH en les soutenant moralement vu le poids des discriminations exercées à l'encontre de ces gens.

La propagation de ce virus met en question le niveau d'éducation de la population en termes d'information qu'elle se dispose. Dans ces conditions, les jeunes sont les plus vulnérables et les plus touchés. Alors, ils s'interrogent sur l'évolution de cette maladie et les dangers qu'elle représente pour eux-mêmes. Interrogé sur la question, Barthold Kendy « estime que les organismes concernés dans la lutte anti-VIH ne mobilisent les jeunes que le jour de la commémoration de la maladie. Et après, les mots de sensibilisation s'envolent et les jeunes retombent dans les mêmes pratiques sans se protéger. C'est là le point de vue d'un des écoliers de l'institution Chrétienne Mixte les Gédéons (ICMG). «Selon moi, il ya des jeunes qui savent pertinemment bien comment se protéger. Toutefois, pour avoir le plaisir pendant un momemt, ils préfèrent négliger les consignes de protection», a affirmé Rebecca Louis, élève en classe terminale à l'ICMG.  Sur cette question interviennent également des points de vue basés sur la foi chrétienne et d'autres confessions religieuses. Par exemple, Matcheska Auguste «pense que les contraceptions naturelles et l'usage des préservatifs sont interdits par la loi des saintes écritures». Donc, selon cette élève, l'abstinence et la fidélité sont les mesures les fiables pour se protéger en toute quiétude du VIH.

Enfin, il faut considérer le rôle des parents dans la lutte contre le VIH/SIDA. Si la majorité des personnes atteintes du VIH sont des jeunes, il y a un fort travail à faire au niveau de l'adolescence. Et, cette responsabilité revient entièrement aux parents de jeter les bases d'une éducation sexuelle pour les adolescents. Sinon, on connaît les conséquences. Cependant, il faut etre clair que la préservation des jeunes c'est d'abord la responsabilité des jeunes eux-mêmes.




Auteurs: les élèves de la terminale de ICMG

mardi 22 novembre 2016

En guise de commémoration de la bataille de Vertières à Cité-Soleil

 Par Wasgens NACIUS



          Le 17 Novembre dernier, il était 17 heures quand je suis tombé soudainement sur une manifestation culturelle pendant que je me promenais avec quelques amis au quartier Drouillard. C’est la grande foire  organisée par BAK-UP qui, depuis trois (3) ans, se lance énergiquement dans cette aventure. Programmée du 17 au 19 Novembre à la rue Yves Volel; étroite , là, tout est exposé, l’édition 2016 mobilise encore les gens de la localité qui, entousiasmés, participe activement à la réalisation de 3 jours d’ambiance, écrit sur une affiche qui présente l’activité.


      À coté de la participation des locataires de Yves Volel, d'autres institutions comme SEJOURNÉE, TOTAL et COMME IL FAUT avaient contribué à ce que les festivités soient réalisées. D’autres personnalités comme Chrtismonord THELUSMA, ancienne gloire du foot-ball haitien et originaire de la zone, apportent leurs contributions.
    «Une ambiance de classe pour les gens de classe» peut-on lire sur l’affiche. Ce, particulièrement, a attiré mon attention par le fait que je connais que la population qui habite la zone expose, sans conteste, une grande hétérogénéïté. C’est ce qui explique que j’ai vu défiler, ce soir-là, toutes catégories de personnes: grands et petits, jeunes et vieux, tous dans une même ambiance commémorant en prélude, leur vertières. 
       Artisanat local, savoirs-faire cullinaire locaux et fruits; tels sont les éléments constituant les expositions. Des objets artisanaux de toutes sortes: sculpture en bois, colliers, tours de cou en font partie. Dans l’ensemble, l’art cullinaire était représenté par le riz blanc au «lalo» et d’autres plats créoles. S’ajoute à cela, des fruits de toutes sortes, par leurs odeurs, imprègnent les participants. Il y avait eu, entre autres, des barques de surettes.
      À chaque extrémité des expositions, s’istallent deux Dj qui font bouger les participants avec toutes sortes de musiques conmme le “raboday” et le “rap” qui enflamment les plus  jeunes.
        C’est ainsi que pas mal de bouteilles de bières sont vidées. Une grande solidarité se faisait montre au milieu des participants, ceux qui ont de moyens- assez modestes- partagent avec l’autre sa bière. Bien que certains spectateurs se contentaient de faire bouger le corps. 
      Cette commémoration confirme que la mémoire collective approprie cette fameuse victoire comme un élément du patrimoine culturel haitien. Que faut-il faire pour redorer ses blasons, piétinés par l’ex-régime festivalier - rose et blanc que son dirigeant avait préféré d’assister un macth de foot-ball en terre étrangère au lieu de marquer cette date glorieuse. 
     C’était dans une atmosphère d’ambiance et de solidarité que la localité de Drouillard, notamment la rue Yves Volel, célèbrait Vertières. Il est à dire que non seulement des projets culturels comme celui- là sont à implémenter; mais aussi on doit les insérer dans leur contexte afin qu’ils revêtent un aspect de jouissance et de valorisation du patrimoine culturel haitien.



dimanche 20 novembre 2016

Questionnement autour du symbolisme de l'acte de vote dans le régime démocratique haïtien.

Par Schlend Whived JACOB j.schlendwhived@Yahoo.fr




              Nombre  d’indices  sur  les  élections  haïtiennes  permettent d’affirmer  qu’Haïti  est engagé  sur  la  voie  de  la  déconsolidation  du  système  démocratique  dit  instauré  dès  la seconde  moitié  du  20ème  Siècle.  Il  semble  aussi  que  ce  système  démocratique  n’a  pas  rompu  avec la  politique  du  ventre,  mais,  bien  au  contraire,  a  renforcé  cette  tendance  en  élargissant  la participation  des  élites  et  des  en-bas-du  bas  au  régime  de  manducation  politique.  Les  citoyens  ont, en  effet,  pour  certains,  largement  profité  de  la  libéralisation  politique  pour  bouffer  d’argent proposé  par  les  dizaines  de  candidats  en  compétition  et  ont  su,  en  monnayant  leur  vote,  faire  des élections,  l’un  des  facteurs  déterminants  de  la  politique  électorale,  un  vecteur  non  négligeable d’accumulation.  Pour  d’autres,  la  participation  dans  la  politique  électorale  s’est  négligée,  remise en  question  ou  remise  en  cause  et/ou  refusée.  Comportement  bien  peu  civique,  dirait-on,  que  ce mercenariat  dans  la  politique  électorale  haïtienne.  Dès  lors,  faudrait-il  voir  dans  ces  pratiques  des rémanences  du  passé  destinées  à  se  diluer  dans  la  modernité  démocratique,  y  lire  la  pesanteur  de logiques  culturelles  inconciliables  avec  le  pluralisme  ?  Comme  dit  le  Dr  Gabriel  Nicolas  :  «  le projet  de  construction  démocratique  risque  de  rester  au  stade  de  simple  velléités,  incapables  de projeter  sur  le corps  social  une  vision  moderne, cohérente  et  authentique.   Doit-on  conclure  par-là à  l’échec  de  la  greffe  démocratique,  au  mirage  d’un  changement  embourbé  dans  les  ornières  du clientélisme  ?  Contre  ces  interprétations  développementalistes  et  culturalistes,  nous  voudrions plutôt  montrer  que  la  consolidation  démocratique  et  la  subjectivation  citoyenne  s’opère paradoxalement  en  Haïti dans  le creuset  des  logiques  clientélaires  et  dans  la  matrice  plus générale de  la  politique du ventre. Pour  saisir  les  ressorts  de  cette  déconsolidation  démocratique  paradoxale,  de  cette  singulière alchimie,  il  s’agira  donc  d’expliquer  pourquoi  la  politique du clientélisme  électoral  (l’achat  des consciences),  moralement  condamné  apparaît  simultanément  aux  yeux  des  citoyens  comme  une vertu  éthique,  à  l’instar  de  l’évergétisme  antique  étudié  par  Paul  Veyne  .  Pour  se  faire,  il  est important  d’étudier  dans  quelle  politique  s’enchâssent  ces  pratiques  et  représentations  de  la démocratie  haïtienne.  Mais  cela  ne  suffit  pas  :  il  convient  également  d’analyser  comment  ces matrices  morales  de  la  richesse  et  de  l’autorité  légitime  s’adaptent  de  façon  plus  ou  moins cohérente  aux  nouvelles  règles  du  jeu  politique.  Enfin,  il  faudra  garder  à  l’esprit  que  l’évolution des  imaginaires  politiques  est  indissociable  de  leur  rapport  à  la  matérialité  :  dès  lors,  la  réflexion les  pratiques  clientélaires  de  la  démocratie  conduira  à  s’interroger  sur  l’action  politique  de  celle-ci  et  à  poser  l’hypothèse  que  le  processus  de  vulgarisation  des  vertus  civiques  en  Haïti  est  médiatisé entre  autres  par  le  rapport  très  concret  à  l’argent,  par  la  circulation  des  billets  de  banque  et  des biens de la civilisation matérielle du succès. 
              Enjeu  de  conquêtes  sociales,  source  et  arbitre  de  rivalités  politiques,  l’élection  a  fait  l’objet,  depuis plus  de  deux  cents  ans,  d’une  intense  valorisation.  Célébrée  comme  le  fondement  de  l’ordre démocratique   («  un  homme, une  voix  »),  elle  est  devenue  la  figure  éprouvée  de  la  «  participation »  au  gouvernement  représentatif.  Bien  que  de  toute  évidence,  dans  son  organisation,  l’élection s’avère  représenter  plus  qu’une  simple  procédure  technique,  le  geste,  déposer  un  bulletin  dans  une urne,  qui  a  fini  par  recouvrir  les  enjeux  de  sa  définition  et  les  conditions  de  sa  diffusion.  Elle constitue  un «  rituel  social »,  une  «  mise  en  scène  »,  codifiée  en  fonction  de  défis  spécifiques  et  au terme  de  multiples  affrontements.  Si  l’élection  se  réduit  à  l’opinion  d’une  minorité  qui,  par  la force-de  toute  sorte,  délivre  en  réponse  à  une  structure  d’offre  particulière,  c’est  parce  qu’elle  s’est fait  ignorer  son  histoire  sociale  et  culturelle  qui  correspond,  dans  le  temps,  à  un  système  de contraintes  et  de  comportements  auxquels  les  votants  durent  progressivement  s’accoutumer.  Il importe donc de reconstituer histoire.  
           Le  lieu  où  se  déroule  l’opération  du  vote  (du  bureau  à  l’isoloir),  les  équipements  qui  spécifient  son déploiement  périodique  les  pratiques  qui  lui  donnent  son  visage  singulier  n’ont  rien  d’anecdotique. Ils  consacrent  une  gestuelle  spécifique  dont  l’usage  s’avère  indissociable  des  significations  qui  s’y rapportent. C’est pourquoi ce  travail  de  recherche  se  veut une invitation, qui arpente les savoirs et pratiques  qui  façonnent  le  rapport  aux  instruments  de  vote,  le  symbolisme  du  vote  et  l’acte  que constitue  le  vote.  De  ce  fait,  il  est  à  noter  que  l’élection  n’est  pas  seulement  le  moyen  de  faire valoir  une  opinion.  C’est  aussi  un  rituel  social.  Une  scénographie  dont  l’agencement  matériel  pèse sur  la  nature  du  jugement  qui  y  transite.  Il  faut  donc  insister  :  technique  et  politique  ne  se développent  pas,  en  matière  élective,  sur  des  scènes  séparées.  Et  pour  une  raison  simple  :  parce que  le contrôle des technologies électorales s’affirme toujours comme  un enjeu politique. L’acte  de  vote  est  l’un  des  facteurs  déterminants  dans  le  «  rituel  social  »,  car  le  processus  n'est possible  que  si  l'on  est  apte  à  contribuer  à  l’éventuel  changement  de  la  société  en  changeant  les personnels  politiques.  Dans  le  contexte  où  l’élection  pourrait  jouer  un  rôle  primordial  dans  le processus  du  changement,  les  votants  savent  que  l'acte  de  vote  est  difficile  devant  un  groupe  de candidats sans  aucun projet de  société  ni  objectif,  car  l’acte  de  vote  serait  toute  une  manifestation de  conscience.  
             Le problème  ne  se  réside  pas  simplement  dans  la  pression  (pression  de  toutes  sortes,  administrative notamment  sur  l’électorat  et  sur  son  vote)  qui  est  amenée  à  peser  sur  les  électeurs  au  moment  de l’acte  que  constitue  le  vote  lui-même,  mais  dans  la  façon  dont  les  débats  publics  sur  les  échecs  et les  transgressions  du  pouvoir  sont  contrecarrés  par  la  censure,  dans  la  suppression  d’une  opposition politique,  ainsi  que  dans  la  violation  des  libertés  et  des  droits  politiques  fondamentaux.  La nécessité  d’avoir  un  point  de  vue  plus  vaste  sur  la  démocratie,  en  allant  bien  au-delà  de  la  question des  élections  libres  et  des  scrutins,  non  seulement  dans  le  domaine  de  la  philosophie  politique contemporaine,  mais  également  celui  des  nouvelles  disciplines  que  sont  la  «théorie  du  choix social»    et  la «théorie  du  choix  public»    qui  implique  l’ensemble  du  système  décisionnel  et,    décrit la  mise  en  concurrence  sans  limite,  sans  scrupule,  sans  filet,  sans  foi  ni  aucune  loi  sous  la  direction  de  la  mondialisation  qui  en  est  le  système  organisateur  et,  de  façon  méthodique,  qui  donne  lieu  à l’apparition  de  la  question  de  ’’marchandisation  du  vote  dans  les  rituels  électoraux’’  où  les électeurs  (vulnérable  ou  pas,  les  exclus  et  les  dominés  sociaux)  n’ont  d’autres  choix  que  d’accepter des  rémunérations  de  misère  en  compensation  du  vote,  qui  fait  du  vote  un  simple  objet d’accumulation  qu’un  acte  charriant  tout  un  symbolisme.  De  plus,  un  objet  de  déception, décourageant  toute  une  majorité  à  faire  acte  de  leur  conscience,  de  leur  état  de  vie  :  économique, sociale, culturelle  et politique.   
           Alors,  la  question  fondamentale  qu’on  se  pose  dans  ce  travail  c’est  :  Quel  mythe  fondateur, l’acte de vote  se  charge-t-il  de  réactualiser  dans  le  rituel  électoral  haïtien  ?En  fait,  ne  serait-il  pas  question de  penser  un  système  électoral,  en  fonction  du  taux  de  participation  de  la  population  haïtienne  dans le  processus  de  la  politique,  correspondant  au  niveau  d’éducation  de  la  majorité  et  de  sa  position  de force  relative au  temps de  l’élection et de son droit  de  vote?