vendredi 18 novembre 2016

À la gloire des heros de vertières


Avant cette bataille décisive du 18 Novembre 1803 qui s’est vu affronter l’armée indigène et l’armée napoléonienne, le mot de “liberté pour tous” n’a jamais été évoqué à haute voix. Car, la liberté était un privilège réservé seulement aux personnes appartenant à une population ethnique et de statut social bien déterminés. 
En effet, le système établi était uniquement au service de l’ethnie blanche qui d’ailleurs était considérée comme une race supérieure venant essentiellement de l’Europe avec l’intention d’exploiter physiquement et de coloniser mentalement d’autres peuples par la force des armes, au nom de la religion, pour ensuite leur imposer des traitements infra-humains en instituant des pratiques de barbarie sans mesure afin de construire leur suprématie raciale et leur hégémonie économique. Cette pratique basée sur l’exploitation à outrance d’hommes et de femmes non blancs était le principal moteur qui faisait fonctionner leurs usines et leurs champs, une sorte de main-d’oeuvre gratuite qui leur garantissait pouvoir et richesse. 
Donc, le maître qui possédait des esclaves pouvait disposer de ses biens meubles comme bon lui semble pour ses  travaux dans les champs et ses travaux domestiques sans se soucier de représailles. C’est dans cette situation que nos aïeux vivaient depuis plusieurs siècles. 
Défier un système aussi puissant et bien organisé ne serait jamais une partie de plaisir surtout pour ceux qui n'étaient même pas considérés comme des hommes et qui n’avaient même pas accès à l'éducation.
D’ailleurs, on a établi un code, en guise de lois, dénommé “code noir” pour classer les gens, pour maintenir et renforcer cette société esclavagiste d’alors, c’est-à-dire il y avait des vrais hommes (grands planteurs blancs), des hommes moyens (travailleurs engagés et les métis) et les sous-hommes qui n'étaient autres que les esclaves à l’image de l’article 44 du code noir stipulant dans son article 44: 
«Déclarons les esclaves être meubles et comme tels entrer dans la communauté, n’avoir point de suite par hypothèque, se partager également entre les cohéritiers, sans préciput et droit d’aînesse, n’être sujets au droit coutumier, au retrait féodal et lignager, aux droits féodaux et seigneuriaux, aux formalités des décrets, ni au retranchement des quatre quints, en cas de disposition à cause de mort et testamentaire».
Et pourtant, c’est dans cette classe d’homme considérée comme des biens meubles que vont naître les idéaux de société moderne et équitable, et ils vont poser de manière très concrète le problème de “liberté pour tous” dans cette société d’exploitation et d’injustice de l'époque. Ils ont non seulement élaboré un plan génial mais en plus ils ont créé les moyens de résoudre ce problème à leur manière en dépit des maigres ressources économiques et d’expertises dont ils disposaient. 
Par cette épopée, ils ont pu ouvrir ainsi la voie à tous les autres peuples opprimés et oppressés non seulement dans la zone des amériques mais aussi à travers le monde.
Sans la bataille de vertières remportée avec Bravoure et intelligence par l’armée indigène avec le général Jn Jacques Dessalines à la tête, on aurait peut être pas eu aujourd’hui une charte des Nations Unies qui commence dans son article premier avec la devise de liberté pour tous les hommes de la planète quelque soit son origine ethnique et culturelle.
Selon les données historiques, l’armée napoléonienne était l’armée la mieux équipée et la mieux structurée de l'époque, c’était une grande puissance européenne, pourtant cela n’a pas empêché à ces esclaves qui n’avaient pour certains même pas de chaussures car, beaucoup d’entre eux combattaient avec les pieds nus, de croire en un avenir sans esclavage pour leurs progénitures et les générations futures. Ils ont su trouver en eux-mêmes, assez de ressources pour fixer des objectifs et ensuite mettre la volonté qu’il fallait à son aboutissement.
Pourquoi les meneurs de cette nation d’aujourd’hui n’arrivent pas eux aussi à trouver les ressources nécessaires pour comploter contre la dépendance politique et économique dont est victime Haiti en se servant de l’exemple de détermination que nos pères nous ont légués?  Ou est passé la fierté des haïtiens descendants de Dessalines, Christophe et Capois? Pourquoi cette acceptation de cette domination pourtant claire et sanguinaire?
Ce 18 Novembre devrait nous porter à dire comme nos père, plus jamais nous ne serons esclaves mentaux et totalement dépendants de l'extérieur de manière servile pour nourrir nos citoyen des, pour la sécurité de notre territoire, pour l’education et même pour organiser nos propres élections.
Y a t-il de fierté dans le fait d’être obligé à livrer sa propre mère aux étrangers en échange de quelques centaines de milliers de dollars?
N’oubliez jamais cela, un haïtien peut posséder beaucoup d’argent, détenteur d’une fortune et des voitures de luxes, des villas et des maisons un peu partout dans le monde.
Cependant, on ne fait jamais exception d’aucun haïtien quand on dit du mal de notre pays, on dit toujours “les haïtiens”, d'où la nécessité de tous les haïtiens , riches ou pauvres, lettrés ou illettrés de se mettre ensemble pour accoucher un autre 18 Novembre qui aura pour but cette fois-ci d'éradiquer la misère et de s’affranchir de la dépendance servile.
Les heros de l’independance ont fait leur part du travail qui consistait à ne pas nous laisser condamner à un destin de chaînes aux pieds et de servitude.
Aujourd’hui notre responsabilité c’est de ne pas condamner les générations futures à un destin de ramassage des miettes sous les tables des autres, surtout de ne pas leur laisser en héritage cette dépendance qui nous oblige à accepter toutes sortes d'assistance mêmes si elles sont visiblement mortelles pour la plupart.






Auteur: Joseph Vilanes
vilajose153@gmail.com

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