En plein cœur de la commune de la Croix des Bouquets se trouve un petit espace appellé Village artistique de Noailles. Un véritable écomusée où l'on tranforme le fer en oeuvre d'art. Espace calme, très propre, attrayant, et surtout rythmé par le son du fer en constante transformation. Les habitants de ce village vivent essentiellement du fer qu'ils transforment chaque jour en toutes sortes d'objets d'art.
Samdi 05 novembre 2016, 10 h du matin, les artistes du village étaient déjà tous au travail. Outils en mains, ils transforment le fer en objet de valeur. Une visite des lieux au Village donne l'habileté à décrire ce joyau encore méconnu par le grand public.
Village aristique de Noailles, comme son nom, est une perle rare que nous ne retrouvons pas dans tous les coins d'Haïti. Le chemin menant au village est assez désencombré, il s'apparente ainsi à un véritable musée où l'art est partout. Tout ce que nous avons observé là-bas est une particularité aux Noailles: les poubelles, les lampadaires, les chaises, etc. Tous ces objets sont du fer transformé en oeuvre d'art rendant un service quelconque dans ce village artistique, ils traduisent les réalités du mode de vie des haïtiens, tout au moins les gens de la paysannerie.
A l'intérieur du village, c'est le calme plat et la sérénité. Jusqu’à vous, les sons ‘’ti kow, ti kow’’ vous arrivent aux oreilles. À non, vous n’avez pas à vous inquiéter. Ce ne sont pas les bruits de projectiles pour lesquels on a des fois tendance à nous rendre transparent dans les rues de Port-au-Prince, ce sont plutôt les sons d'un mode de vie artistique légué en héritage de génération en génération dans les familles de Noailles. Le bruit des tôles sous les coups des marteaux. Presque chaque maison est transformée en atelier d’art. Nous y voyons de véritables chef-d'oeuvres de toutes sortes en fer découpés bien vernis. Des rideaux, des barrières, des garde-fous, des fenêtres, des animaux, et d'autres objets encore faisant partie du terroir haïtien. Chaque maison transformée en atelier traduit la passion du village pour l'art. La transformation du fer se fait en 7 étapes pour arriver à une matière capable d'attirer étonnement et passion (Brûler, dresser, tracer, découper, former, sabler, vernir) sont les parcours subis par le fer pour arriver à un niveau esthétique surprénant. Chaque artiste est un spécialiste dans une branche. Pour dire vrai, une véritable association , un espace où le travail en équipe prend forme.
Les ateliers sont pour la plupart dénommés: antiparesse, l'amour du travail, etc ; comme pour dire "travaillez le fer ou vous mourez". «Nous ne connaissons pas de chef d'états ici, le fer est tout ce qui nous retient en vie», a lancé un travailleur qui n’a pas voulu révéler son nom.
Nous habitons un pays où l’État ne prend pas ses responsabilités envers la nation dans presque toutes les sphères constituant la vie nationale. Bref, si aucun pays ne peut s'affirmer que de par son savoir-faire, comment aussi tenir le coup quand ce qu'il sait faire n'est même pas apprécié par lui-même? «Je travaille autant que je peux, quand je sens mes forces. Mais, je laisserai pas mon vrai boulot pour ça», a fait savoir Kesner, dit père le moine, un artisant, en guise de réponse à notre question «s' il arrive à se reproduire économiquement à l'aide de ce qu' il fait à l'atelier». Si nous sommes une exception dans bien des domaines; continuons donc à l'être une fois de plus en infirmant cette règle qui veut que «Tant vaut l'Etat, tant vaut la Nation». De ce fait, il devient un impératif d'encadrer des initiatives pareilles dans tous les domaines
qui faisaient autrefois notre fierté nationale. En un mot, l'artisanat haïtien est à encourager.
Auteur: Dieugot Denis
denydieugot90@gmail.com

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